"ALLERLEIRAUH"

performance, cirque, danse et guitare blues et expérimentale.

 

Spectacle autoproduit- création 2015

Durée 40min

tout public

Se joue partout (extérieur et intérieur) en incluant l'espace comme décor et source d'inspiration.

 

Performeuse, danseuse et circassienne :Tabea Tysowski

guitariste : Yannick Vilaine

Une femme animal se transforme et revendique

un poète prends de la hauteur pour mieux se faire entendre

 

deux personnes en errance se questionnent sur les limites et le territoire, ils savent d’où ils viennent et cherchent à savoir jusqu’où ils peuvent aller...

 

ils ne jouent pas, ils sont proches d'eux même, enfin ils sont juste là maintenant avec vous.

Musicalement l'inspiration vient de l'ambiance du western, du rock et des profondes racines du blues. En action avec la danse, l'improvisation s'impose malgré une certaine ossature harmonique...

Dans cette ambiance la danseuse Tabea Tysowski et le musicien Yannick Vilaine se rencontrent pour créer avec leur vocabulaire personnel des moments éphémères

qui s'inspirent chaque fois d'un nouveau lieu donnant l'espace pour l'improvisation.

Nos sources d'inspiration :

 

Peau-de·Toutes·Bêtes des frères Grimm. Allerleirauh est la version allemande de ce conte :

 

... »Les trois robes couleur de soleil, de lune et d’étoiles, (...)

Elle revêtit le manteau de mille fourrures et se noircit la figure et les mains avec de la suie. Elle marcha toute la nuit, jusqu’à ce qu’elle rencontrât une grande forêt. Comme elle était exténuée de fatigue, elle se blottit dans un arbre creux et s’y endormit. »

 

Nous avons extrait de ce conte l'image d'une femme vêtue d'une fourrure, un animal sauvage qui sort de la nature puis se transforme en femme élégante…Une femme qui doit se cacher dans la forêt pour exister, se libère de son destin prescrit et en même temps suit son instinct et s’émancipe.

 

le poème de Rainer Maria Rilke, la panthère 1902

 

« Son regard du retour éternel des barreaux

s’est tellement lassé qu’il ne saisit plus rien.

Il ne lui semble voir que barreaux par milliers

et derrière mille barreaux, plus de monde.

 

La molle marche des pas flexibles et forts

qui tourne dans le cercle le plus exigu

paraît une danse de force autour d’un centre

où dort dans la torpeur un immense vouloir.

 

Quelquefois seulement le rideau des pupilles

sans bruit se lève. Alors une image y pénètre,

court à travers le silence tendu des membres -

et dans le cœur s’interrompt d’être. »

 

Ce poème est devenu le fond émotionnel du début du spectacle, il nourrit la danse au sol et l'intensité de la musique.

« Une danse souple et forte en démarche féline, une danse d'une force autour d'un centre, ou se loge engourdi un immense vouloir... »

 

Puis nous nous sommes questionnés sur l'espace, le territoire et la terre.

De cette recherche est née une danse avec la matière terre et un pamphlet sur le territoire :

« Mon espace, c'est ici, chez moi,
mon mur, autour de moi.
...jusqu’ici tu peux aller, pas plus loin,
sinon je te renvoie à la case de départ !
...des limitations, des barrières,…

et moi, je suis où là? Où ? …
Je suis ici, maintenant,
un oiseau  immigrateur,
perché sur un terrain vague,
ET J'AI FAIM

la force décalée d'un électron libre amorce son moteur, qui une fois lancé ne s’arrête plus.
Mon animal sauvage se réveille et crie :
J'AI FAIM

Je brise les murs avec mon imaginaire,
Mon art me donne l'air…
J'AI FAIM...